Samedi 12 novembre 2005 6 12 /11 /Nov /2005 00:00
Depuis deux mois, j'ai un nouveau copain.
Ouais, un vrai comme quand t'étais p'tit.
Même qu'on se voit à l'école tous les jours, alors tu vois, hein...
Ti Cul, c'est mon copain.
Je dis Ti Cul dans ma tête quand je pense à mon nouveau copain du café du matin, à la terrasse devant l'école.
Avec les copines.
 Et les enfants des copines qui sont trop petits pour aller à l'école et puis les copines qui passent en courant et qui disent bonjour, comme ça en courant passant .
Les rues sont toutes en descentes affolantes par ici.
 Le matin, on dirait que c'est tout le quartier qui s'écoule en pente douce.
 Le port, c'est toujours les ailes aux pieds que tu l'approches.
Nous,
on s'accroche à notre table en fer
quelques grosses dizaines de minutes.
Résistant au courant vivifiant d’activité
Qui nous baigne
A se dire que c'est pas bien, mais qu'on fera mieux demain.
Et cette année on a un nouveau copain.
Et donc, j'le nomme Ti Cul parce qu'il vient du Québec et que je n'ai pas envie de vous dire son nom.
Parce que c'est mon premier copain à moi du Canada, alors je vais pas le prêter comme ça, à tout l'monde...
C'est mon copain à moi.
Même que ce matin, il m'a fait un cadeau.
Un vrai cadal.
Un morceau de lui et de ses fantômes.
Un tout p'tit livre de rien.
Un joli livre à quatre mains dont deux de lui.
C'est la première fois qu'un copain m'offre ses fantômes comme ça.
 
J'suis chanceuse.
 
J'ai déjà reçu mon plus beau cadeau de Nöel.
Merci.
 
 
 
Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : eux
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Vendredi 11 novembre 2005 5 11 /11 /Nov /2005 00:00
Ma ville n'a pas de bus depuis plus d'un mois.
Le chômage y est fort et la pauvreté visible.
 
Ma ville est sale, bruyante, gueularde.
 
La mode y est souvent de mauvais goût
la légèreté n'y est pas la mise.
c'est clinquant, c'est doré
c'est coloré
comme une enluminure
qui relirait les goliards
 
 
 
 
Nos cités sont partout.
Sales aussi et surpeuplées et  immenses.
 
Un cloaque qui fait feu de toutes les architectures.
Ici les pâtisseries de Tunis se lovent sous un porche sculpté du XVII°
les amours potelés agacent quelques austères de leurs fessiers rebondis.
 
Au Temple, près la rue St Férréol,  
le dimanche, les protestants des îles papotent au soleil
et  mêlent les jupes en dentelle blanches et roses des petites filles à nattes sérrées
aux enfants blonds de ces descendants des assemblées du Désert
descendus à la fin d'un autre siècle de leurs montagnes
et de leur collines de vignes.
 
Même les tours tutoient le ciel.
Se tordent en brume de chaleur
au pieds des collines.
Les garriguent s'infiltrent jusqu'aux pentes du Roucas
parfumant Notre Dame de leurs essences païennes et lourdes.
 
 
 
 
Il y fait lourd, le frais ne vient qu'en rafales
un vent fou qui racle, asticote, interdit le repos.
 
Je guette l'air et tends l'oreille
 
Mais
 
 
Mais depuis deux semaines
Il ne se passe rien.
 
 
Rien de plus que tous les jours.
 
Les terrasses et les plages sont encore pleines de monde
 
Les santons de Noël et la Foire à l'ail ne vont pas tarder.
 
La semaine dernière, c'était l'Aïd.
Et toute la ville sentait le gâteau
Sous les palmes juives de la fête de Suk kot.
 
Un ami québécois m’a demandé si je croyais des émeutes possibles ici.
 
Non.
 
Les jours m’ont donné raison.
 
Marseille n’a pas bougé.
 
Une amie lui a dit en riant,
 
« Ici, tout le monde est pauvre
Et tous les grands-pères viennent d’ailleurs. 
Ici, même les flics ont de drôles de noms."
 
Dun autre côtè
vaut mieux que ça ne bouge pas.
Ici
Parce qu'ici
 
Quand les minots bougent,
Ils montent à Valmy.
En chantant.
 
C’est vrai qu’ils n’étaient déjà pas très blancs
à l'époque.
Un peu génois, maltais ou corses
même des pires, si on y regardait bien
Qu’ils criaient fort et puaient l’ail
 
Mais jamais l'Europe n'avait vu ça
Des Jacques de vingt ans
Qui ne céderaient pas
Cette fois-ci
 
 
la peine des galères
a  marqué la ville entière
De son écarlate réprouvée
 
Le bonnet nous est resté
Même les santons le portent.
 
Alors, oui, ce matin
J’aime ma ville encore bien plus que d’habitude.
De savoir parfois
rester aux  terrasses
et sourire
au soleil de novembre
 
entre un thé à la menthe, un pastis et un p'tit café stretto.
 
La bise à vous.
 
 
Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : avrojnik
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Vendredi 11 novembre 2005 5 11 /11 /Nov /2005 00:00
Au fond de tes poches
Y’a comme un trou
Regarde bien
Là où t’avais mis tes billes
Et ton réglisse
Pis le soleil d’hier
Quand y’avait pas la pluie
Au fond de tes poches
Y’a comme un trou
Un fil qui s’défait
Qui tient plus rien
Y’a même plus de poches
Reste juste ce trou
Avec du vide au bout
Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : avrojnik
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Jeudi 10 novembre 2005 4 10 /11 /Nov /2005 00:00
Il serait hypocrite et malséant d'écrire ici en niant l'existence possible de lecteurs.
 
Je ne peux donc éviter une certaine mesure, une retenue voir quelque censurette maison.
De même, dois-je me présenter un peu, nous éviterons peut-être quelques malentendus futurs. 
 
C'est le jeu.
Alors autant annoncer de suite la couleur :
 
Je suis une obsédée totale et perdue pour la société des vivants.
 
Si vous avez moins de deux ou trois siècles, il y a peu de chances que vous accrochiez mon attention.
 
Soyons francs, si vous êtes mâle, dans la quarantaine ou moins ou plus, c'est selon, grand, silencieux et un tantinet ronchon, z'en avez une p'tite quand même.
 
(De chance, oui merci, je n'en suis pas encore à ce stade de vannes...)
 
Non, mon truc, mon fantasme, ma névrose, ce qui bouffe mon temps et brouille ma vue, la pensée qui ne me quitte de jour ni de nuit, c'est ce gouffre fantasmatique derrière nous, ces quelques millions d'années ou plus pour arriver jusqu’à ce soir de novembre où je vous écris.
 
C'est ça, qui m'botte. Comment, pourquoi et en quel état nous en sommes arrivés là.
 
Parce que tu peux tourner le problème en tout sens, au début, au milieu ou à la fin, y'a l'Histoire.
 
Et qu'aussi beau que soit le jour, hier m'est toujours en tête.
 
Faudra s'y faire, ici, je parlerai beaucoup d'histoire.
Même en parlant d'autre chose.

 

Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : avrojnik
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Lundi 7 novembre 2005 1 07 /11 /Nov /2005 00:00

Bon.

C'est pas le tout de m'être décidée à ouvrir un blog, va falloir écrire dedans maintenant.

Pour l'instant et pour tout dire  je m'en tape allègrement.

Vu que je n'ai prévenu personne et n'ai pas l'intention de le faire avant un moment, je ne devrai pas être enombrée de visites.

Malgé tout, et au cas improbable où quelqu'un viendrait par ici, deux ou trois choses me semblent à mettre au point de suite:

- Je n'écris pour personne, n'ai aucune justification de mes humeurs ou de mes choix à donner et n'en donnerai pas.

-J'ouvre ce blog pour ne pas encombrer les oreilles et les systèmes nerveux de mon entourage, lequel ne le mérite pas.

-Mes trop-pleins de mots se déverseront donc ici. Sans limite.

-Etant de nature, une cancannière sans émois et une sentimentale irrécupèrable, je parlerai souvent de gens. Parcequ'ils sont ce qui m'intéresse le plus au monde. et peut-être sur la Terre tout entière de l'Univers lui-même.

-Gens dont tous les noms seront habilement cryptés  et les références brouillées.

-Pour le reste, sachez que plus nulle que moi en geek-attitude, faut chercher loin. N'attendez donc ici  ni prouesses, ni exploits. C'est tout juste si je sais me servir d'un scan. Et encore, je n'ai pas dit l'installer hein, faut pas pousser, juste m'en servir. Parfois.

 

Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : avrojnik
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