Aujourd'hui, dans le cadre de notre cycle de conférences "Comment survivre sans assassiner sa voisine", je vais aborder ici-même un théme, ô combien, cher à la population.
Nous allons donc derechef explorer les ressorts et les dessous de l'emmabovarysme.
En effet ce syndrome, qui fait des ravages, me semble infinniment moins étudié et reconnu que son cousin, le Prince Charmant.
Commencons par le commencement, c'est mieux, et donc par une définition
Pour bovarysme, on trouve ça :
Bovarysme n. m.
État d'insatisfaction, sur les plans affectif et social, qui se rencontre en particulier chez certaines jeunes femmes névrosées, et qui se traduit par des ambitions vaines et démesurées, une fuite dans l'imaginaire et le romanesque.
Ce mot vient du nom de Madame Bovary, héroïne du roman héponyme de Gustave Flaubert.
L'emmabovaryste complète la définition ci-dessus par ça :
" Et va pas falloir que je me mouille un iota pour y arriver, parce que moins je m'engage et mieux je me porte. "
Notons également, que quoi qu'en dise la définition officielle du bovarysme, le phénomène est pareillement présent chez les messieurs.
Et ne concerne pas que les p'tits jeunes.
Les vieux aussi peuvent en être atteints.
Dans sa forme la plus bégnine, le syndrome entraîne le sujet à médire systématiquement de sa vie présente et/ou passée.
Vie où la malignité et la méchanceté gratuite de ses contemporains ont empêché son génie d'être reconnu à sa juste valeur.
Où le destin, ses parents, son boss, son ex, ses enfants, son panaris et ses pieds plats lui ont dramatiquement barré la route vers la Gloire et ses dérivés.
Où son abnégation et son sens du devoir l'ont cloué dans son couple et sa carrière, sans que rien ne puisse lui être reproché.
Une fois le mécanisme enclenché et une oreille compatissante trouvée, le syndrome s'emballe et passe en phase de contamination.
Car l'emmabovarysme est contaminant.
Pas contagieux.
Non.
Contaminant.
Rapidemment, la cible de la contamination se surprend à plaindre le sujet et l'empathie aidant, voire plus si affinité, s'ingénie à applanir les difficultés qui pourraient surgir devant le dit sujet.
Avec une vélocité sans pareille, la vie de l'un devient la préoccupation de l'autre.
Et le temps passant, la situation ne peut qu'empirer.
Pour peu que l'emmabovaryste croise le chemin du syndrome de Mère Thérésa, le résultat peut devenir effrayant.
Ce phénomène peut se renconter à tous les stades affectifs.
Du collègue de bureau à la femme de sa vie (qui dans ce cas précis est souvent celle d'un autre), de sa belle-mère à sa concierge, les emmabovarystes sont partout.
Dans le cas de figure du couple légitime, c'est tout le quotidien qui peut en être affecté.
Tous les choix de vie étant subordonnés à la fragilité existentielle de l'emmabovaryste.
Ce qui devait être constructif et stimulant devient figé
et limite abrutissant.
Et ça peut devenir très chiant.
Quand on commence à en prendre conscience.
Dans le cas de figure du couple illégitime, c'est tout l'extaordinaire qui peut là en être affecté.
Toutes les rencontres et leur qualité étant subordonnées à la fragilité existentielle de l'emmabovaryste.
Ce qui devait être léger et enrichissant devient pesant et limite sordide.
Et ça peut devenir très chiant.
Quand on commence à en prendre conscience.
Aussi.
C'est même le seul avantage de la situation :
A court, moyen ou plus long terme,
Le docteur Bovary se réveille et se casse ouvrir un cabinet en Provence, épouse Mireille la Jolie et se la coule douce au soleil, parce qu'il le vaut bien.
Quant à Rodolphe, il renvoie l'autre dans les cordes et le nez dans ses contradictions.
Voilà.
Pffouu....ça fait du bien....
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