Vieilleries

Vendredi 18 novembre 2005 5 18 /11 /2005 11:27

Au fond d'une valise en carton noir j'entasse sans les relire des morceaux de textes depuis plus de vingt ans.

Un ramassis de vieux mots vite écrits qui s'entassent dans la poussière.

Il est temps de faire le ménage.

De temps en temps, j'en glisserai un morceau par ici.

 

Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : Vieilleries
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Vendredi 18 novembre 2005 5 18 /11 /2005 11:34

A Paris

devant la Comédie Française

il y a une fontaine.

 

Toute ronde avec une statue de femme

dressée à son sommet.

 

C'est  une toute petite bonne femme

elle ne représente rien

enfin je crois.

 

Il me plait de penser

qu'elle est inutile.

Petit morceau de liberté qu'un sculpteur dont je ne sais rien s'est offert.

 

Une femme

presque une enfant

danse sur un pied

deux ailes légéres au dos.

 

Une fée mineure aux pouvoirs enfantins

un sourire de vie qui passe.

 

Je la regarde en marchant

et le temps se suspend.

 

Elle vous rendrait heureux avec le plus léger des gestes

mais elle ne bouge jamais.

Alors je passe.

Elle est une évidence.

 

Il ne faut pas croire,

ce n'est pas si fréquent

ces instants

où tout est à sa place.

Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : Vieilleries
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Samedi 26 novembre 2005 6 26 /11 /2005 20:49
Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : Vieilleries
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Mercredi 7 décembre 2005 3 07 /12 /2005 11:06
Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : Vieilleries
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Samedi 14 janvier 2006 6 14 /01 /2006 16:19

Je ne l'ai pas même vu tourner le coin de ma rue

Déjà presque la moitiè de janvier a disparue

d'un coup

d'un seul

Et pas  l'ombre du moindre voeux envoyé

Pas répondu non plus

à ceux reçus.

Le soleil est en vadrouille par chez nous

depuis la fin de l'année passée.

Faire des voeux de janvier

aux terrasses éblouies

c'est pas sérieux.

Promis, à la première neige,

je m'y mets.

 

Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : Vieilleries
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Jeudi 2 mars 2006 4 02 /03 /2006 15:21

J'ai vécu plus de vingt ans à Paris.

 Et surtout, j'y ai eu vingt ans.

 Et quand je dis à Paris,

 je ferai mieux de dire,

 entre Etienne Marcel et Saint Eustache.

 Ou entre Pigalle et Montorgueil.

 Pour mieux dire,

  entre la rue Tiquetonne et la rue Dussoubs.

 Soyons francs,

 c'était surtout entre le Fitzcarraldo et la Barraka ,

 en face de la Cocarde.

 Dans ce coin-là,

 où les touristes s'égarent

 en sortant des Halles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'ai aussi eu la bonne idée

 d'avoir vingt ans pendant des années dorées.

 Entre la pilule et le sida.

 Entre les premières fêtes de la musique

 et la fin des illusions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 Les années 80...

 

 

 

 

 

 Elles n’ont pas été les mêmes pour tout le monde.

 Moi et les miens,

 on n’était pas la crème. 

 Franchement pas ce qui se faisait de plus sérieux

 à l’époque,

 comme petits jeunes.

 Des soiffards, des gueulards,

 Jamais en retard d’une connerie

 Et encore moins d’un demi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La Barraka , on l’avait investie.

 Quand le Fitzcarraldo a fermé,

 On a vite compris.

 Que pour avoir la paix,

  fallait pas suivre le troupeau.

 Ceux qui partaient pas loin,

 Recréer un endroit,

 Déjà mort de son bel instant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Nous c’est juste en face,

Qu’on est allé.

 Vivre autre chose.

 Rue Marie Stuart,

 Plus petite qu’une ruelle du Panier,

 Plus noire et triste

 qu’un jour

 De fin novembre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Y’avait un petit bar moche.

 Minuscule et sombre

 Bas de plafond

 Qui sentait le moisi

 Et la fumée jaunie.

 Au rez-de-chaussée d’un vieil immeuble

 Qu’Haussman,

  n’avait pas construit.

 Mais qui suintait

 son Balzac

 par tous les murs.

 Une porte cochère,

 Une entrée voûtée,

 pas même une cour,

 Un escalier à main gauche

s’envolait vers des étages viciés.

 Les Mystères de Paris

 Les Rougon et Rastignac,

 Y’avait tout le monde…

 L’entrée du bar se trouvait à gauche de la grande porte.

 Il  avait toujours dû être là.

 Sous une forme ou sous une autre

 Un bistrot vieux

 de cents ans passés.

 Le patron a vite compris.

 En nous voyant rappliquer,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une vingtaine de grandes gueules assoiffées,

 Tous les soirs

 Du coucher du soleil à deux heures du matin.

 La belle aubaine,

 Alors,

 Il nous a foutu la paix.

 Nous étions chez nous.

 

 

Pendant trois à quatre ans

 

 

 

 

 

 

 

J’y ai vécu mes plus belles soirées,

 Mes plus beaux coups de cœur,

 Mes plus grandes cuites,

Mes meilleures engueulades.

 

 

 

 

 

 

 

 Un jour,

 On a grandi,

 On a traversé la rue,

 Un autre lieu s’ouvrait,

 Sur une autre époque,

 La Barraka est retournée à son sommeil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Et nous,

 Nous étions différents,

 C’était une autre histoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : Vieilleries
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