histoire d'en dire

Dimanche 9 décembre 2007 7 09 /12 /Déc /2007 15:06




                                                    

catal-hoyuk.jpg douaumont-2.jpg                   Crânes des anciens               

aux fondations de l'urbanité.



                                                                                                                      Os fragiles des jeunes hommes

au viol premier de la Terre.

                                                                 divinit---catal-hoyuk.jpg 1914-1918.jpg Mère posée en douleur de vie

Espoirs groupés de n'être mort pour rien.
Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : histoire d'en dire
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Lundi 1 mai 2006 1 01 /05 /Mai /2006 17:10

Ce n'est pas le plus grand

ni le plus teigneux.

Il n'a ni la force de Jaurès

ni la hargne de Thorez.

A peine s'il croit lui-même

qu'il est bien à sa place.

Elle n'est pas si enviable

sa place

quand on y pense.

Dans tous les lendemains

qu'ils fredonnent à peine

ou qui déjà se lévent,

il faut bien un premier

à se mettre au travail,

et que les autres partent

en vacances.

Pour la première fois.

Il ne sera pas difficile

de trouver les erreurs,

les renoncements,

les faux-pas.

Mais c'était bien la première fois

que des promesses

s'incarnaient

en une telle réalité.

"

Je ne suis pas sorti souvent de mon cabinet ministériel pendant la durée de mon ministère, mais chaque fois que je suis sorti, que j'ai traversé la grande banlieue parisienne, et que j'ai vu les routes couvertes de ces théories de "tacots", de motos, de tandems, avec des couples d'ouvriers vêtus de "pull-over" assortis et qui montraient que l'idée de loisirs réveillait même chez eux une espèce de coquetterie naturelle et simple, tout cela me donne le sentiment que, par l'organisation du travail et des loisirs, j'avais malgré tout apporté une espèce d'embellie, d'éclaircie dans des vies difficiles, obscures, qu'on ne les avait pas seulement arrachés au cabaret, qu'on ne leur avait pas seulement donné plus de facilité pour la vie de famille, mais qu'on leur avait ouvert la perspective d'avenir, qu'on avait créé pour eux l'espoir.

                                         

                                                                                                                                                                                   "

 Blum  à son procés ordonné par Vichy en 1942.                                                           

Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : histoire d'en dire
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Lundi 1 mai 2006 1 01 /05 /Mai /2006 11:36

C'est un temps que les moins de vingt ans

pourraient connaitre.

 

Un temps d'adolescence

que le poids des adultes

n'a pas encore cloué

au ras du sol.

 

Je sais les lendemains

qui ne chanteront pas.

 

Les désillusions

et les rêves dévoyés.

 

Je sais l'amertume de l'amoureux trahi.

 

Mais ce matin-là,

le rêve était tout neuf.

 

Mille ans au moins

pour en arriver là.

 

Et se dire que

demain

serai un autre jour.

 

 

Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : histoire d'en dire
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Lundi 1 mai 2006 1 01 /05 /Mai /2006 08:29

Le Monde avait mis sa culotte à l'envers.

Et des Saint Eloi de partout

le lui claironnaient à l'oreille.

 

Le Monde avait mis sa culotte à l'envers,

une belle culotte garance

retournée

en couleur de boue, de sang, de plomb.


 

Les pères avaient perdu l'habitude

de marcher la tête droite,

les dos s'étaient chargés

du poids des morts.

 

 

L'avenir marchait à l'envers.

 

 

Un matin de février,

les peurs les plus glacées

s'étaient  assemblées

à la Capitale.

 

Brunes, sombres, hurlantes,

cherchant qui accuser

et qui couvrir d'opprobre.

 

La vague a déferlée jusque dans les ruelles.

 

Comme à Rome ou Berlin,

les peurs se mettaient en rangs bien droits.

 

De les voir au grand jour,

les plaies se dévoilaient,

les purulences suintaient.

 

 

Le premier choc passé,

les petits,

les indifférents,

ceux qui travaillaient trop et

ceux qui ne travaillaient plus,

les enfants mal grandis

et les femmes harassées,

se sont réveillés.

 

C'était le premier souffle,

la première respiration,

la première marche

vers quelque chose

qui ne se devinait qu'à peine.

 

Comme un vague espoir

 

qu'un jour peut-être

les enfants marcheraient

plus souplement

que ne l'avaient fait

les grands-parents

et leurs parents avant eux.

 

Mais que quoi que l'on obtienne

le plus important

était de resister

à cette tentation

de baisser la tête

de courber le dos

et d'obeir encore.

 

Alors, ils ont marché.

 

D'abord un peu timides,

éparpillés,

séparés.

 

Les gars des syndicats

et même ceux des partis,

n'avaient rien dit de précis.

 

Mais en arrivant,

ce matin-là,

sur la grande place

où débouchaient les faubourgs,

 

Les rangs se sont mêlés.

 

Parce que face au brun qui montait,

il n'y avait plus que ça à faire.

 

C'est un matin de février

qu'on les vit

marcher ensemble,

pour la première fois,

déborder la chaussée,

envahir les trottoirs.

 

On allait les revoir souvent

dans les deux ans qui suivirent,

et même si les histoires d'amour

finissent mal en général,

 

celle qui commenca le 12 février 1934,

entre Nation et République,

a laissé tant de traces

dans nos espoirs

que je ne peux l'oublier.

 

 

 

 

 

 

 

Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : histoire d'en dire
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Dimanche 30 avril 2006 7 30 /04 /Avr /2006 18:41

Ce soir, un peu plus tard, lorsque tout sera calme,  je vous parlerai de ça :

Et puis de lui, là :

Et d'eux aussi,

et surtout, d'eux :

Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : histoire d'en dire
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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /Avr /2006 08:36

Aujourd'hui, je vais faire appel à votre imagination.

Histoire de vous faire partager mon mal au crâne...

 

Imaginez donc, que vous rechercher des renseignements concernant un procés entre la ville de Marseille et des gentilshommes verriers, disons vers 1718.

 

Alors, comme vous n'étes pas des truffes, vous vous dites, "oh, ben c'est pas compliqué, hein, doivent avoir ça aux  Archives Municipales ! Yaka demander !"

 

Et hop, vous v'là en route.

 

Jusque là, ça va.

 

Votre raisonnement est bon, les AM possèdent en effet toutes les délibérations municipales depuis le XIV° siècle, et l'année 1718 est accessible sans problème.

 

Toute guillerette, vous vous installez confortablement en salle de lecture et vous attendez que l'on vous amène le dit-document.

Parce que les archives c'est chouette, c'est comme au restaurant, on vous sert à table.

 

A l'arrivée de la liasse , comme d'habitude, c'est d'abord l'émotion.

Deux gros dossiers sont devant vous, encore fermés par leur liens d'origine, pâles et odorants comme seuls les très vieux papiers peuvent l'être.

Avec respect, timidement, religieusement, vous défaites les cordons si fragiles et vous commencez à tourner les pages.

 

A première vue, rien d'inhabituel, l'écriture semble bien lisible, aérée, délicate.

Oh, bien sûr, vous vous rendez compte tout de suite que le scribouilleur de service a pris son travail très au sérieux, qu'il est très sensible aux modes de son temps et qu'il a enrichi son écriture de volutes fort gracieuses.

Mais bon, pourquoi pas hein, il fait ce qu'il veut ce brave homme, vous vous en foutez, vous.

C'est quand vous vous penchez d'un peu plus près que vous sentez monter les premiers frissons d'angoisse...

Cet espèce de salopiot de sale bête passe son temps à relier ses lettres par des traits et des volutes totalement inutiles à la lecture, et le pignouf colle entre eux des mots qui ne devraient pas l'être, et il a une orthographe de cochon moldave(*).

Bien sûr, il n'y a ni index, ni table des matières thématique.

 

Non, non, non, c'est tout chronologique...

 

Et vous, vous n'avez aucune idée de la date de votre procés...

 

Va falloir tout se bouffer....

 

Les 300 et quelques pages...

 

Et leurs copines de la seconde liasse...

 

C'est là, au bout de deux heures, quand les yeux commencent à pleurer et que vos neurones se barrent en vacances, que vous vous demandez vraiment pourquoi vous n'avez pas décidé d'occuper vos loisirs à faire des maquettes en allumettes.

 

 

 

(*)Sainte Thérèse copyright

 

Par La Sardine Masquée du Port - Publié dans : histoire d'en dire
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