histoire d'en dire

Vendredi 18 novembre 2005
J'ai mauvais caractère.
 
Vraiment.
 
Un poil chatouilleuse, l'échine peu souple et plus susceptible qu'un pou.
 
J'suis contente, j'ai trouvé une excuse.
 
Voici un extrait des archives judiciaires de Lorraine concernant l'un de mes ancêtres.
 
Y'a pas,
y'a longtemps que l'on n'est pas des cadeaux dans la famille...
 
 
Nicolas GODEL est condamné en 1624 à une amende de 15 francs à PAOUR Wolffgang pour, en compagnie de son frère GODEL Deslot s' être " jeté sur lui au visage lui ayant même arraché une grande partie du menton , courant à des couteaux et à des hâches , disant qu' il lui fallait couper la gorge " .
Le Duc CHARLES IV de LORRAINE lui donne une lettre de rémission pour d' autres faits en date du 02/03/1626 ( Nicolas avait tué d' un coup épée Valentin PIERREL DE LA BRESSE ,qui l' avait traité de sorcier).
.
Par La Sardine Masquée du Port
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Mardi 29 novembre 2005
Parfois,
 L'évidence de ma grande perversité m'éblouit.
Sur le point de fermer mon écran, je tombe sur une liste de 76 documents de BNF, Tout  juste mis en ligne et concernant  le protestantisme français au XVII°.
Et là, je sens monter en moi une excitation même pas tout juste libidineuse mais bien proprement ravageuse, de l'ordre du désir absolu, du genre où ton estomac  se met  en vrille et entame un tango de la muerte avec se qui te servait encore de poumons trente secondes avant.
…je suis une mère digne et respectable, je le jure, j’irai chercher ma fille à l’école comme il faut.
Mais,
 Nom de nom,
Après,
Après je plonge là-dedans et je me vautre dans le plaisir jusque plus soif.
Ce soir,
L’imprimante va chauffer sec…
 

 

Par La Sardine Masquée du Port
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Jeudi 1 décembre 2005
C’est un pays noir, refermé en ses forêts, sur le bois tendre des sapins et leur ombre serrée. C’est un pays que je ne connais guère mais qui est inscrit en moi en marques profondes.
Veine après veine, os sur os, tendon des arcs, peaux des tambours.
La terre y est acide qui porte mal le sous-bois.
Le sol ne donne pas, il faut lui marchander chaque boisseau, chaque grain de ce blé pauvre des montagnes.
Mais la forêt nourrit qui sait lui faire allégeance.
Au temps du Grand Empereur, c’est elle qui a offert la liberté pour mille ans aux hommes qui la servaient.
Ses chasses éperdues, de sommet en collines, bois après bois, la lumière sauvage à l’automne, le silence des neiges, ce monde déjà ancien au matin de notre Histoire, lui firent une telle impression qu’il octroya aux hommes des Hauts de n’appartenir jamais à quelque seigneur que se soit.
Ils ne plieraient devant personne.
Le Roi avait donné sa parole.
Jamais noble ou vilain n’auraient prise sur eux.
Lui-même, et ses fils après lui ne seraient qu’invités en ces lieux aux grandes chasses d’hiver.
A l’est des vallées, là où les loups seuls, hantent encore les hauteurs sous le couvert des sapinières.
Noir sur noir, force à force, liberté pour seule mort.
Les hommes noirs des Hauts.
Petits, plantés, plus droits qu’un fût, féconds et âpres à vivre. De ceux  que l’on brûle pour les déraciner.
Mes anciens.
Sans eux, je ne serai pas là.
Mais qu’ai-je gardé en moi de cette force ?
Par La Sardine Masquée du Port
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Mercredi 8 mars 2006

Je n'ai le temps de rien.

Le matin, j'allume mon ordi, je me promène un peu, je lis mon courrier.

Il y a plein de réponses à donner, de lettres à écrire, de commentaires trop fabuleux à laisser tout partout.

Et je ne le fais pas.

C'est pas que je veux pas, hein, faut pas dire de bêtises !

Mais je n'y arrive pas.

Parce que.

Parce que j'ai un correspondant inernet bien plus fort que vous tous réunis pour me bouffer mon temps.

Faut dire  que pour un papy de plein de dizaines d'années, il tient la forme ce sacripant !

Et même que c'est un fou fini, un ravagé, un irrécupérable.

De plus, il est contagieux...

Au début, je ne me suis pas méfiée, je lui ais écrit juste pour un renseignement  sur un point de généalogie  sans importance.

Qu'est-ce que j'avais pas fait là...

Ce Môssieur, non content d'être tranquilement à la retraite, s'est mis en tête (têtue, la tête, c'est un vosgien quand même...), de retracer l'histoire des verriers à travers l'Europe.

Sachant, que les verriers forment une caste particulière relevant de la noblesse et de l'industrie à la fois. Sachant qu'ils sont mobiles et ne connaissent pas les frontières étatiques. Que pour ne pas voir se dilapider leur savoir, ils passent  leur temps à se  marier entre eux.

Imaginez la complexité des recherches les concernant.

Pour bien les comprendre, il faut imaginer des hommes dont tout l'art consiste à mélanger des élements bruts et sans intérets, à les chauffer si fort et si bien qu'il en résulte une nouvelle matière, presque magique, du verre.

Ils sont libres, sans attaches territoriales, les yeux et les oreilles ouverts afin d'affiner leur art.

Préservés de l'oisiveté de la noblesse et de l'humiliation de la dépendance.

Et donc, pour en revenir à notre vosgien ravagé, cela fait une semaine que je suis partie à la recherche de la verrerie perdue...

Tout a comencé un soir que je rentrais chez moi. La route était mauvaise et j'ai pris un raccourci.

Non, ça c'est autre chose.

Il y a juste eu un email, deux lignes :

  "Salut cousine, tu voudrais pas jeter un coup d'oeil pour voir si tu trouves quelque chose sur une verrerie de Queylar établie à Marseille en 1770 ? Merci, cousin Hub"

Oui, il s'appele Hub et prend tous les autres fous de son entourage pour ses cousins.

Et là, c'était fini, et moi, j'étais dans la panade...

Parce que tant que j'aurai pas retrouvé cette nom de nom de verrerie, je ne pourrai pas faire autre chose.

Et que reprendre l'organistion des verreries à Marseille au XVII° et XVIII° siècles, c'est Columbo qui filerait un coup de main à Hercule Poirot, si tu veux t'en sortir.

Je pense voir le jour et émerger de mes liasses de papiers d'ici à une dizaine de jours, je tenterai de faire surface de temps en temps, mais je ne peux rien vous garantir.

 

A tout bientôt !

 

 

 

Par La Sardine Masquée du Port
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Samedi 11 mars 2006

J'en reste sur le postérieur.

Jamais je n'aurai cru que mon précédent post allait vous tititllez à ce point-là.

Merci à tous ceux qui sont allés taquiner Gougoule pour m'aider.

J'hésite à rentrer trop dans les détails de mes recherches lorsque je réponds à vos commentaires, de peur de vous lasser.

Mais si certains d'entre vous le souhaitent, je vous ferez un topo en fin de semaine prochaine.

Pour les autres, c'est pas bien grave, je ne tarderai pas à reprendre le cours de mes divagations habituelles.

Gros, gros bisous à vous tous

 

Par La Sardine Masquée du Port
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Vendredi 21 avril 2006

Aujourd'hui, je vais faire appel à votre imagination.

Histoire de vous faire partager mon mal au crâne...

 

Imaginez donc, que vous rechercher des renseignements concernant un procés entre la ville de Marseille et des gentilshommes verriers, disons vers 1718.

 

Alors, comme vous n'étes pas des truffes, vous vous dites, "oh, ben c'est pas compliqué, hein, doivent avoir ça aux  Archives Municipales ! Yaka demander !"

 

Et hop, vous v'là en route.

 

Jusque là, ça va.

 

Votre raisonnement est bon, les AM possèdent en effet toutes les délibérations municipales depuis le XIV° siècle, et l'année 1718 est accessible sans problème.

 

Toute guillerette, vous vous installez confortablement en salle de lecture et vous attendez que l'on vous amène le dit-document.

Parce que les archives c'est chouette, c'est comme au restaurant, on vous sert à table.

 

A l'arrivée de la liasse , comme d'habitude, c'est d'abord l'émotion.

Deux gros dossiers sont devant vous, encore fermés par leur liens d'origine, pâles et odorants comme seuls les très vieux papiers peuvent l'être.

Avec respect, timidement, religieusement, vous défaites les cordons si fragiles et vous commencez à tourner les pages.

 

A première vue, rien d'inhabituel, l'écriture semble bien lisible, aérée, délicate.

Oh, bien sûr, vous vous rendez compte tout de suite que le scribouilleur de service a pris son travail très au sérieux, qu'il est très sensible aux modes de son temps et qu'il a enrichi son écriture de volutes fort gracieuses.

Mais bon, pourquoi pas hein, il fait ce qu'il veut ce brave homme, vous vous en foutez, vous.

C'est quand vous vous penchez d'un peu plus près que vous sentez monter les premiers frissons d'angoisse...

Cet espèce de salopiot de sale bête passe son temps à relier ses lettres par des traits et des volutes totalement inutiles à la lecture, et le pignouf colle entre eux des mots qui ne devraient pas l'être, et il a une orthographe de cochon moldave(*).

Bien sûr, il n'y a ni index, ni table des matières thématique.

 

Non, non, non, c'est tout chronologique...

 

Et vous, vous n'avez aucune idée de la date de votre procés...

 

Va falloir tout se bouffer....

 

Les 300 et quelques pages...

 

Et leurs copines de la seconde liasse...

 

C'est là, au bout de deux heures, quand les yeux commencent à pleurer et que vos neurones se barrent en vacances, que vous vous demandez vraiment pourquoi vous n'avez pas décidé d'occuper vos loisirs à faire des maquettes en allumettes.

 

 

 

(*)Sainte Thérèse copyright

 

Par La Sardine Masquée du Port
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